Elle est omniprésente dans n'importe qu'elle comédie romantique ou série
américaine digne de ce nom: la règle des trois rendez-vous consiste à attendre
au moins le troisième rendez-vous avant de s'adonner au désir charnel. C'est
d'ailleurs de ces films qu'on la tire, cette règle. Mais en pratique, que
penser de cette règle? Est-ce un gage de réussite d'une relation? Est-on une
fille de mauvaise vie si l'on cède aux sirènes du plaisir coupable dès le
premier rencard?
Parmi mes amies, les discours sont dissonants. Pour les unes, la règle des
trois rendez-vous est une règle d'or, à ne surtout pas transgresser. Alors que
pour les autres, tout se joue au feeling. Un, deux, trois, quatre rendez-vous,
peu importe. Il s'agit avant tout de rester soi-même et de se comporter en son
âme et conscience.
De mon expérience, cette règle est de toute façon faussée par le
comportement des mecs du XXIe siècle. Un mec qui n'a aucunement l'intention de
s'engager ne le fera pas plus parce que vous l'avez fait galérer pendant une
dizaine de rendez-vous. Tout comme un homme qui a un réel désir de stabilité et
qui trouve en vous ce qu'il cherche peut tout à fait s'épanouir à vos côtés, et
ce, même si vous avez couché avec lui dès le premier date.
Mais en sachant que les mecs de nos jours ne sont pas fiables, qu'ils sont
de plus en plus à la recherche d'un plan cul, voire même qu'ils cherchent juste
à tirer un coup puis disparaître dans la nature, sans un mot, la prudence est
de mise. Et se tenir à la règle des trois rendez-vous, c'est faire preuve de
prudence. Trois rendez-vous permettent de mieux cerner la personne que vous
fréquenter, de poser les bonnes questions. Mais surtout, cette règle permet d'envoyer
le bon signal. Vous attendez parce que vous souhaitez vous lancer dans du
sérieux. Vous n'êtes pas adepte des PQR. Quoi de mieux que de ne pas coucher
avec un garçon pour lui faire comprendre que s'il vous veut vraiment, il va
falloir qu'il s'investisse?
Et même si la règle des trois rendez-vous ne convainc jamais un mec de
s'engager durablement si celui-ci ne l'a pas décidé ainsi, c'est au moins un
bon moyen de garder sa dignité et de pouvoir se regarder dans le miroir sans
lire une lueur de culpabilité au fond du regard. C'est aussi s'éviter la
douloureuse mésaventure de ne jamais entendre son téléphone sonner, ni le
lendemain, ni le surlendemain, ni le sur-surlendemain.... Puis, soyons honnêtes.
Les hommes n'envisagent pas de faire leur vie avec une salope. Et pour eux, le
raccourci est très vite fait. Il n'y a rien de mal à vouloir s'amuser un peu,
si les mecs ont le droit de coucher à droite à gauche sans conséquence et
d'avoir des coups d'un soir, il n'y a pas de raison que les femmes ne le puissent
pas. C'est l'égalité des sexes. Encore faut-il être au clair avec soi-même.
Sommes nous vraiment constituée comme les hommes et en capacité de séparer
l'émotionnel du physique? Personnellement, j'en suis bien incapable. Trop
entière pour cela. Trop naïve aussi. * You're
so naive yet so!*
Mais il faut se souvenir d'une chose. Que je sache, cette règle a été mise
en lumière par les Américains, dans les films romantiques américains. Et il est
compliqué de vouloir transposer la culture américaine à notre mode de vie
français sans que les dès soient pipés. Aux États-Unis, un date est très
institutionnalisé. Cinéma, restaurant, etc.. Les dates prennent une forme assez
formelle. Dans un cadre bien établi, il est facile d'y instaurer des règles.
Les Américains se fréquentent un temps, peuvent même se fréquenter pendant des
mois sans se dire officiellement en couple, puis vient la question fatidique du
"Are you my boyfriend?", étape qui n'existe pas réellement à
proprement parler en France. En France, c'est, soi ça marche, naturellement,
soit c'est du PQR. Et surtout, il n'est pas toujours facile
d'avoir de véritable rendez-vous avec un mec que vous venez de rencontrer. Très
vite, une fois les premiers verres du "on fait connaissance" passé,
on reçoit le fameux texto "Chez moi ou chez toi?". Pas facile dans
ces conditions de vivre la scène du baiser devant la porte et du très sage
"Good night" en laissant le prétendant sur le paillasson. Non, mais.
Franchement. Les phrases types des comédies romantiques mode "Je passe te
prendre à quelle heure?" n'hésite que dans les films.
Qu'en pense Carrie?
Mais le mieux est encore de laisser la parole aux experts. Ou plutôt aux
expertes de Sex and The City qui bien sûr, n'ont pas manqué de soulever la
question dès la première saison.
Saison 1 épisode 6. Premier rendez-vous officiel entre Carrie et Big
"- Tu avais bien dit qu'avec ce mec c'était du sérieux, tu ne vas pas coucher avec lui tout de suite? Charlotte- Ça y est, elle va nous ressortir son livre "les bonnes règles de conduite"! Miranda- Les bonnes femmes qui ont écrit ce bouquin ne doivent jamais se faire sauter alors elles ont inventé cette théorie de merde pour que les femmes qui se font sauter se sentent coupables. Samantha- Mais si tu veux vraiment avoir une chance de garder un homme, tu dois le faire patienter pendant au moins 5 rendez-vous! Charlotte- T’exagère un peu! Carrie- Non. Parce que le nombre de rendez-vous qu'il faut attendre avant de coucher avec un type est proportionnel à ton âge. Charlotte- Oublie toutes ces bêtises et évite d'atterrir dans son lit dès votre premier rencard... Miranda- Troisième! Carrie- C'est trop tôt! Charlotte- Regarde la réalité en face, il y a des mecs qui vont te laisser tomber si tu baises avec eux au premier rendez-vous et d'autres qui le feront si tu attends le dixième. Samantha- Parce que toi tu as déjà été jusqu'au dixième rendez-vous?? Miranda- Et bien sûr à moins que tu sois amoureuse de lui. Charlotte- C'est vrai. C'est vrai c'est quand même assez important de savoir si ça colle au niveau sexe avant de trop s'investir et d'en souffrir ensuite. Samantha- Oh, mais c'est très digne de souffrir! Charlotte- Oui c'est une chose que tu fais si bien! Miranda- On doit quand même être obligée de se restreindre un peu non? Carrie- Depuis quand tu es si victorienne? Samantha- Les victoriennes avaient un avantage pour elles, elles valorisaient l'amour. Charlotte- Il n'y a pas de véritable histoire d'amour sans le sexe. Miranda- Oui et pourtant on peut aussi bien s'éclater avec quelqu'un qu’on n’aime pas! Ou qu'on ne respecte pas... Samantha- À vrai dire je mourrais d'envie de coucher avec lui, mais d'après ce que j'avais compris cela ne constituait pas une preuve de maturité...Je ne respecte pas toujours les règles de conduite. Je me laisse guider par mes émotions. Et d'ailleurs je suis sûre que la plupart des grandes histoires d'amour ont commencé par le fait de coucher ensemble dès le premier rendez-vous. Enfin je crois. Je ne serais pas la première à le dire. Et s'il ne me rappelle jamais, je penserais affectueusement de lui que c'est un trou du cul. Carrie, à elle-même.
Big a rappelé. Et ils
sont restés, non sans mal, un an ensemble, dans la saison 1. Et faut-il
rappeler que Big et la Big love story de Carrie? L'Homme de sa vie?
Cet épisode a été tourné en 1998.... Le débat en 2015 reste toujours
ouvert, avec, pour les filles, cet éternel cas de conscience.
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